Poudre de Lune

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samedi 17 février 2007

Dernière scène

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Une ambulance l'a emmené, elle ne reviendra pas avant l'Eté. J'espère. Le médecin a écouté l'histoire, il a dit des mots justes, la panique, l'abandon, la jeune fille n'oubliera pas sa mère-enfant, elle a besoin de partir pour construire sa vie à elle, elle restera tout près, il ne faut plus la retenir, étrangler ses chevilles si fort.Il fait froid dans cette maison. Le vent s'engouffre dans toutes les failles avec vacarme, les portes claquent derrière moi, la petite K a peur, elle me suit partout depuis le matin, le petit chien, elle a maigri.
Je ne resterai pas seule ce soir. L'épuisement se glisse sous la peau, je ne tiens pas debout. Ce doit être cela, l'asthénie. 9,5.
Je rêvais de danser avec le garçon au regard bleu, l'emmener loin avec moi, tournoyer dans les ruelles désertées à l'aube blanche. Je voudrais assassiner le temps, m'évader en douce.

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jeudi 15 février 2007

Hystérie

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Coup de téléphone. Toxique. Le déchet des larmes. Elle est très angoissée, malade, malade. Elle pleure parce que je n'ai pas appelé ce matin, elle veut que j'accoure à son chevet, que je lui tienne la main, comme aux petites filles, que je la berce comme une maman.

J'ai vingt ans.

Le regard planté dans un décors imaginaire, les yeux vitreux, la voix noyée. Sa main qui presse la mienne trop fort, son visage grimaçant, inondé, la respiration saccadée, elle m'étouffe, m'empoisonne, m'emprisonne.

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mercredi 14 février 2007

Folies

Elle avance vers moi les yeux noyés de larmes, autour d'elle la ville n'existe plus, il faut s'en aller vite, prendre le premier bus en direction de l'internement. Assise face à elle, j'entends les gémissements, sur son visage bouffi qui se tord de faire sortir l'angoisse, elle obsède. Elle ne sait même pas pourquoi elle souffre, la folie l'emportera. La vraie folie. Je ne verrai personne aujourd'hui. Elle ne sait pas. Elle est affolé, elle le dit, elle pleure depuis vingt cinq ans, elle ne sait pas où elle a mal, je lui donne ma main pour la soutenir, elle serre fort, elle est entrain de tomber, s'accroche à moi.
A bout de force.

Assises dans un wagon qui nous amène dans son ailleurs, les corps étrangers contemplent la scène, qu'est ce qu'ils pensent, moi je ne pense plus.

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mercredi 7 février 2007

Un mot glissé dans la poche

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Tu pourras braquer toutes les armes contre tes sentiments mais rien ne tarira ta peine.
Te faire du mal aussi longtemps que tu auras la force de le faire et avec toute ta haine ne feront qu'alimenter tes souffrances.

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lundi 5 février 2007

huit.cinq.

Je ne tiens plus sur mes jambes mais je cours toujours plus vite, je ne vais pas en cours parce que je sais que je ne tiendrais pas jusqu'à la fin de la journée. Rendez-vous avec le médecin, il m'a gardé longtemps, on a parlé de la fatigue, du corps, du poids.
Prise de la tension: 8,5.
Verdict: si je tombe dans les pommes, une seule fois, c'est les urgences. Pas de négociations possible (dixit mon père).
J'ai l'impression d'être en pleine forme, le chiffre m'a donné plus de vigueur. L'illusion d'avoir fait quelque chose de bien de ma petite vie... Huit virgule cinq.
J'ai promis de faire des efforts.

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dimanche 4 février 2007

Je ne sers à rien.

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La maison est vide et je suis lasse devant l'ordinateur, tout ce que je veux faire aujourd'hui n'est que l'illusion d'une vie bien remplie, il y a des devoirs à finir absolument, des tonnes de cours à connaître par coeur, des trucs dont je n'aurais que faire si le baccalauréat n'était pas là, à me narguer. C'est quoi toute cette pression, les harpes du savoir m'appellent à l'ordre, tu ne feras rien d'autre de ta pauvre vie, fillette, te gaver le crâne, parce que c'est ta vie, tu es là pour ça, être productive, métro boulot dodo, comme les moutons. Il faut croire en la vie, ha ha.

J'en ai marre de tout ça. Vendredi je ne tenais plus debout. Epuisée. En cours j'avais l'impression de planer, la tête qui tourne toujours, j''ai cru avoir manger pourtant, mais à croire que ça ne sert plus à rien. C'est pire. Je me suis mise à chialer et j'ai finit à l'infirmerie. J'ai dormi une heure, de quoi rattraper ma nuit presque blanche. Au réveil, le coeur palpitant, la chaleur au corps et les frissons en même temps. La prof m'accueille avec un il ne faut pas se décourager, j'ai bien joué, j'ai accusé la fatigue de la nuit, élève trop studieuse qui a travaillé jusque tard dans la nuit, grand sourire aux lèvres. Les copines ont vu les cernes que je cache sous mon fond de teint, forcément, il n'était pas waterproof. Le maquillage est la continuité du mensonge, il se matérialise, on a l'air rayonnante, en bonne santé, les cils emplâtrés dans le mascara, les lèvres pulpeuses et brillantes, une vie épanouie quoi.

Je suis blasée de voir à quel point je ne sert à rien, ça ne me fait aucun effet, je vais montrer à papa un reportage sur les anorexiques, pour me partager un peu, mais j'ai la sensation de perdre une partie intime de moi, c'est un secret si bien gardé.

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mardi 30 janvier 2007

She takes care of you

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Assise tout près du chauffage dans le bus qui m'emmène vers la ville, les vertiges me prennent au corps, ma vue se trouble un peu, une légère chaleur envahie ma nuque et mon visage, mais je tiens, encore cinq arrêts avant Gambetta. Il faut faire vite, je suis pressée, trouver quelque chose, pas n'importe quoi, et attraper un bus pour le retour. Si j'avais eu le temps j'y serais allé à pieds, remonter la longue rue, traverser le pont des demoiselles, le jardin des plantes ou faire un détour rue de la paix, les demeures, les hôtels particuliers, lever les yeux sur les beautés de l'architecture, lire le nom des auteurs au dessus des portes cochères et estimer l'époque. Juste cinq minutes pour se décider, j'y pense depuis ce matin, anticiper pour ne pas trop s'attarder.
Je ne rate pas le bus du retour et j'arrive à l'heure.

Je la vois immobile face au portail clos, elle finit de manger. Elle ne m'a pas vu parce qu'elle se serait détournée de moi, je le sais. Promis, je ne regarde pas, ne surtout pas la couper dans son élan. Mais, chassez le démon, il revient au galop. Coup d'oeil anorexique, furtif, précis. Coupable. Une poche en plastique peu résistant dans la main gauche, un morceau doré dépasse de l'autre main, fin, sec, craquant, mais pas croustillant, une oreillette recouverte de sucre.

Je n'ai pas mangé. Ca peut encore attendre, je sors dans moins d'une heure. J'ai ce qu'il faut dans mon sac, toujours: au cas où. Besoin de repousser les limites jusqu'au bord de la chute. Pas le courage maintenant.

Elle m'a vu, elle se détourne. Dos à moi, elle se cache pour manger.
Dans une infinie délicatesse, elle bouge à peine, lentement, elle ne fait aucun bruit. Un petit animal. Son visage est détendu, ses yeux perdus dans les graviers, sereins. Son regard est moins dur que quand elle marche, trop, seule, dans le parc, les allers et les retours, demi-tours. Je garde ça pour la ville.

J'ai l'impression de me regarder.

Prise de vertiges légers, l'air sur mon visage me fait du bien. Je pense à tout ce que j'ai stocké dans mon sac mais je n'ose pas y toucher, complètement désarmée.
J'ouvre ma canette de diet coke avec dédain et désinvolture. Mes mains sèches, violacées, les ongles bleuis, par le froid, anguleuses, ma bague tourne autour de mon doigt.

La sonnerie, le protail lourd s'ouvre enfin. Sur mes jambes j'avance mal stabilisée, vascillante, un pas mal assuré aprés l'autre. Fière. De quoi?
Elle bouscule, me dépasse, vite, un dernier tour avant de devoir s'assoire, passe devant moi, me regarde, je ne veux pas, j'ai promis de faire l'autruche, il n'y a rien à voir.

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mercredi 24 janvier 2007

Autodafé

Je lui dirai que je la déteste de m'ignorer avec son mépris et sa froideur. Je lui dirai que je croyais en une sorte d'affection entre nous, mais ça n'a plus lieu d'être. La trahison a toujours eue un arrière goût d'amertume. J'ai horreur de ton petit jeu malsain et de tes silences. Mais puisque que tu n'a appris à communiquer que par les rapports de force, la supériorité et le pouvoir, mais quoi? Ton pouvoir ne se limite qu'à ce que l'on veut bien t'en donner. Ne te crois pas si libre. Non. Tu pourra me cracher au visage, me traîner dans la boue de l'humiliation. Tu envie ma liberté, d'être. Tu crèves de rancoeur, tu n'aura pas réussi à me dresser comme une chienne, je ne t'ai pas laissé me tailler à ton image, celle de ta mère, calquer un schéma, boucler la boucle. Je ne me suis pas pliée devant les injures. Espèce de dictateur. L'enfant à qui l'on donne une giffle parce qu'elle a dit non. C'est facile hein?

Sors les petits mots des poches de mon pentalon et déposes-les sur la table. Ce soir, je les trouverai là et je saurai que tu les as lu, que mes secrets ne m'appartiennent plus, puisque c'est toi qui me les as volés, puisque c'est le seul moyen de contrôler ma vie, de la brider. C'est ça que tu cherches. Tu me déshabille sans me dire un mot, et nous n'en parlerons pas, je ferai comme si tu n'avais rien fait et nous mangerons gaiement, gaiement, dans le silence, ou dans les remarques blessantes sur ma façon d'être moi ou sur la vie que tu mènes avec nous.

Je ferai un autodafé de mes angoisses et de ma haine, de mes doutes et de mes espoirs, de mes rêves et de mes nuits. J'aspergerai d'essence mon jardin secret. Et j'en mettrai ta main au feu.
Ce serai du gachis, tout ce temps à tenter de matérialiser des sentiments, rendre tangible le présent et le passé, remplir des pages et des pages de journaux intimes, se purger, s'extraire et se relire aprés des années, laisser une trace, au cas où la mort nous emporte, que l'on puisse savoir qui se cachait derrière ce prénom.
Tu te donnes du mal, ton esprit étriqué ne parviendrait pas à interpréter, ne serait-ce pour comprendre.

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samedi 6 janvier 2007

Destroy my Doll

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Tout est parti dans un sombre brasier, juste parce que je pensais être la plus forte, qu'il me suffirait de le vouloir plus que de raison pour la dépasser. Je me suis accroché à la vie en ayant cru à la solidité de si beaux remparts mais il faut croire que je suis trop naïve. J'ai pris un peu de poids pour ne pas le faire fuir, peur qu'il me trouve trop maigre. Et je m'y suis accroché à ces petits kilos. Hier j'ai cru que j'aurais le droit de goûter au bonheur, parce que les filles heureuses mangent toujours. Il faut croire que je ne suis pas prète à être heureuse. Ca avait l'air bon, je me suis reservie et j'ai mangé un morceau de pain. C'est violent. La fourchette remplie et lourde enfoncée dans la bouche, les dentsqui claquent et tout s'enfonce dans la gorge, j'ai envie-besoin d'y plonger ma main, mon bras si ça ne suffit pas.
Alors j'ai pris une lame. C'est la première que je fais ça. Mais ça n'a pas noyé la douleur. Alors j'ai arrêté. Parce que ça ne sert à rien, ça, une illusion superposée à l'autre. J'ai pris une double dose pour être sûre de dormir. Une vieille phobie a quand même réussie à me réveiller, alors un autre cachet pour être sûre, encore.

Je marcherai plus vite et plus longtemps, j'accrocherai des poids plus lourds autour de mes chevilles, je retournerai à la pharmacie, longtemps que je n'y étais pas allé pour acheter ça. Je remplirai mon sac de livres, je bourrerai mon cerveau. Je ne ressentirai plus rien, je penserai à l'illusion de mon petit bonheur de pacotille, celui qui allège et rassure.

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jeudi 4 janvier 2007

Poudre d'amour

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Un garçon qui dit bonjours à travers la fenêtre, un garçon à vélo qui revient sur ses pas pour me voir, un garçon qui s'éternise sur ma joue, là, un peu trop prés des lèvres, un garçon qui me sourit, qui rit et qui parle, qui me parle de moi, me parle de lui, sans s'arrêter, et moi qui discute avec une aisance incroyable, sans angoisses de qu'est-ce qu'il va penser de moi, de je n'ai pas mis de fard à paupière il va me trouver laide, si laide qu'il ira parler avec la fille à côté, non, je souri de me sentir si bien, si belle, si vivante, sans interférences de cet autre moi. On parle de ce qu'on a fait ces derniers temps, quand nous ne nous sommes pas vu, on ne se voit jamais, jamais, mais je suis bien avec lui, il a l'air content de m'avoir vu, il ne serait pas revenu sur ses pas autrement, il serait juste reparti, un signe de la main suffit à une fille qu'on ne connait pas, mais il est venu me voir, juste cinq minutes, juste pour ça, moi, pour moi, on est seul au milieu du bruit des gens, on n'entend pas les crissement de ces voitures au dehors, on ne regarde pas, on s'en fiche de dehors, on parle et on rit, on ne se parle pas des autres, on se parle que de nous, ça veut dire qu'on est proche non, un peu plus proche qu'avec une personne à qui l'on parle du temps et des nuages. Il se sent comme moi lui? C'est forcement partagé, je le sens, je me trompe peut-être, je ne sais plus, je. Je sens ce tourbillon au creux du ventre, le coeur, et ses yeux qui brillent, son sourire quand il arrive pour me voir, moi, il ne me quitte pas des yeux et ça ne me gène pas, je veux qu'il continu à me regarder, là, comme ça, à rire de mes histoires, parce que mon humour est revenu pour qu'il rit, j'aime le voir rire, il a l'air aussi heureux que moi d'être là. C'est peut-être ça, oui, être content de se voir et en avoir toujours envie.

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